Aux vœux que nous lui avons adressés cette année, comme d’habitude, est venue en réponse la triste nouvelle : Pierre Flobert a quitté ses chères études le 8 janvier dernier dans sa 97e année.
D’autres diront ce que le long parcours de ce savant a produit de travaux, dont le plus connu a consisté dans la révision du vénérable Gaffiot. Au sein de la petite cohorte des hagiologues qui s’intéressent à la production littéraire de la Bretagne altomédiévale, c’est bien sûr la publication en 1997 de la Vie ancienne de saint Samson de Dol, longtemps attendue, qui a suscité le plus d’intérêt : les spécialistes disposent désormais d’un texte sûr, d’une traduction précise et élégante et de commentaires approfondis et éclairants ; l’éditeur ayant proposé à cette occasion de fixer au milieu du VIIIe siècle la date de composition de cet ouvrage, – longtemps discutée, voire disputée, entre les tenants d’une datation haute (VIIe siècle) et les partisans d’une datation basse (IXe siècle), – cette datation « moyenne » a fait depuis l’objet d’un large consensus, à tout le moins pour servir de pivot à des discussions renouvelées.
D’un point de vue plus personnel, Pierre Flobert a été le rapporteur, avec François Dolbeau, de la thèse de l’École pratique des hautes études que nous avons préparée sous la direction de Jean-Loup Lemaitre. C’est de cette époque, déjà lointaine, que date l’intérêt dont Pierre Flobert a bien voulu honorer constamment nos propres travaux durant toutes ces années : de loin en loin, sans jamais faiblir cependant, cet intérêt s’est manifesté par des échanges épistolaires, mais aussi viva voce, à l’occasion de trop rares rencontres à Landévennec (lors des journées du CIRDoMoC) ou bien à Paris, par exemple lors de la sympathique cérémonie de remise d’un volume d’hommage.
Les conseils et les encouragements de ce Maître et de cet ami nous
manqueront.
André-Yves Bourgès